Biographie de Claude Gellée
Né en 1600, cet enfant de Chamagne, orphelin à 12 ans, fut recueilli à Fribourg par son frère graveur sur bois qui
l’initie à son art. Certains historiens relatent que deux ans plu tard il suit à Rome, un autre parent nommé Baldinucci,
marchand de dentelles, d’autres, qu’il se joint à une troupe de pâtissiers pour servir, comme mitron, le peintre Agostini Tassi.
À part des travaux domestiques, il broie les couleurs de son maître ; il a ainsi l’occasion de le voir peindre. Il s'essaie lui-même à la peinture, et étonne Tassi au point que celui-ci commence l'éducation de Claude Gellée dans l’art pictural.
Il fait un séjour à Naples entre 1617 et 1621 où il étudie auprès de Goffredo Wals, peintre allemand influencé par son compatriote Adam Elsheimer, qui lui enseigne l’art du paysage.
Il quitte l’Italie à l’âge de 25 ans et fait de longs voyages en France, en Suisse et en Bavière. Toute sa carrière se déroule ensuite à Rome.
Influencé par les grands paysages d'Annibal Carrache, il forge son propre style.
Peu à peu, l’effet de la lumière devient sa préoccupation majeure.
Dans une première période, il reçoit des commandes du pape Urbain VIII. Il peint de nombreux ports imaginaires, invitations au voyage, à l'architecture néo-classique de la Renaissance italienne, baignés par la lumière rasante d'un soleil couchant situé dans la ligne de fuite du tableau. On y retrouve souvent des scènes d'embarquement grouillant de débardeurs affairés (Marine, 1634 ; Port de mer au soleil couchant, 1639 ; Le débarquement de Cléopâtre à Tarse, 1642).
À partir de 1645, le Lorrain s'oriente vers des œuvres plus apaisées, à la lumière uniforme, d'inspiration mythologique ou biblique (Bord de mer avec Apollon et la sibylle de Cumes, 1647 ; Mariage d'Isaac et Rebecca, 1648). Mais comme toujours chez le peintre, ces scènes ne sont que des prétextes pour l'exploration de l'espace infini du paysage « les œuvres du Lorrain naissent de la distance », Werner Schade, 1999.
A la fin de sa carrière, le Lorrain retrouve son inspiration première dans des sujets plus symboliques, qui lui permettent
d'explorer à nouveau le travail de la lumière (Paysage avec Tobie et l’ange, 1663 ; Paysage avec Énée chassant sur la côte
de Libye, 1672).
Bien qu’il soit délivré des soucis financiers, il mène une vie modeste et soutient beaucoup les pauvres.
Hormis le pape Urbain VIII, il a peint pour des personnages très importants de son temps, tels que le roi
d’Espagne ou des cardinaux de la Curie romaine.
En 1663, Claude Gellée tombe gravement malade, il souffre beaucoup de la goutte.
Il meurt le 23 novembre 1682 et est inhumé dans une église de Rome.





